• 2 octobre 2025

    :: Exposition :: « SPICILEGIUM » ::

    ► Au salon SCALP art-coiffure, Grenoble (38-FR) – du 25 oct. à fin janv. 2026

                  SCALP est un salon de coiffure à Grenoble, dont l’absence de jeu de mot douteux sur son enseigne le propulse d’entrée de jeu au rang des lieux cools, sans passer par la case du coupage de cheveux en quatre (hohoho.)

                  SCALP revendique une technique unique ayant déconstruit les méthodes des écoles de coiffure classiques pour proposer à sa clientèle des pratiques et une esthétique atypique, au sein d’un salon-galerie où Sid Vicious, William Gibson et Hans Ruedi Giger semblent avoir laissé quelques petits…

                  C’est dans cet asile cyberpunk que mes créatures poly-oculaires viendront s’exhiber à partir du 25 octobre et pour une durée de trois mois afin de triturer l’implantation capillaire de ton cuir chevelu et éplucher ta boîte crânienne.

                  Représentation hétérogène de ces lubies que l’on ne nomme plus, entre zoo humanoïde d’obsessions loufoques et cirque déjanté de pathologies mentales, où se côtoient anarchiquement les vices, les peurs, les rites et les leurres. Icônes déchues et troublants portraits où l’insolite s’immisce dans chaque détail et où l’humour noir s’expose en technicolor.

    ► « SPICILEGIUM » – Exposition

    :: Vernissage sam. 25 oct. – 17h ::
    :: Exposition visible 3 mois ::

    Salon SCALP, 4 rue Casimir Perrier, Grenoble (38-FR)

    ***

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  • 12 octobre 2024

    :: Exposition :: « L’HUMEUR DES FLUIDES » ::

    ► À la brasserie BON POISON, Metz (57-FR) – 14, 15 & 16 novembre

    ► À la librairie LE TIGRE, Strasbourg (67-FR) – 21 nov. 2024 > mi-janv. 2025

    Oyé, oyé, braves gens ! Voici une mixture non létale, un filtre d’amour mystique : buvez à la coupe, vous serez sous le charme. Point de charlatanisme dans ce cocktail de bon goût mariant l’image au breuvage, et qui vous tiendra à l’abri du mauvais œil.

    ► « L’HUMEUR DES FLUIDES » – Exposition
    :: Vernissage jeudi 14 novembre 2024 – 18h ::
    :: Exposition visible les 14, 15 & 16 novembre 2024 ::

    Bon Poison brasserie, 13A rue du XXe Corps Américain, Metz (57-FR)

                  À l’invitation de la brasserie “Bon Poison” je réponds “L’Humeur des Fluides”. Cette exposition aura pour fil conducteur la transfiguration des liquides… et leur ingestion.
    Et comme ailleurs le vin s’est fait sang, voici que la sève se fait nectar et que les encres deviennent venin. La sérigraphie se mue elle-même en peinture dès lors que l’on ne sait plus en dissocier les couleurs, lorsque celles-ci délaissent leur rôle décoratif au profit d’un discours, effacent les contours et se fondent entre elles, suggérant ainsi le volume.
    Les estampes qui seront présentées, produites au cours des ces deux dernières années, ont cherché à élargir le nuancier des couleurs imprimées afin de jouer avec le spectre et faire de l’arc-en-ciel un phénomène inquiétant, en baignant leurs univers dans un psychédélisme sombre, fantastique et mystérieux.

    Quand l’alcool enivre les images chavirent et le sang bout.
    Griser le corps et l’esprit sans les corrompre mais pour les stimuler.


                   Et pour boucler le cycle des fluides et ouvrir une première vanne, “L’Humeur des Fluides” présentera en clef de voûte l’estampe “Le Repas des Grands” : peinture-sérigraphie multi-color qui s’inspire et se joue de la Cène, l’illustre repas où le rouge a taché autant qu’il a coulé. Bienvenue au banquet…

    ***

    ► « L’HUMEUR DES FLUIDES » – Exposition
    :: Vernissage jeudi 21 novembre 2024 – 17h ::
    :: Exposition visible du 21 nov. 2024 à mi-janv. 2025 ::

    Le Tigre librairie, 36 quai des Bateliers, Strasbourg (67-FR)

                  Les tendres relations qui me lient au Grand Est m’attirent toujours en ses villes plusieurs fois par an.
    À sa clôture, l’exposition de Metz viendra donc s’établir à Strasbourg, dans le repaire du Tigre – la librairie-tanière qui accueille les éditions EpOx et BoTOx et mes propres affabulations graphiques depuis 2018 – pour une durée de deux mois. L’occasion pour celleux qui l’auront manqué de la voir ici.

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  • 4 juin 2024

    « L’ÉVASION »

              Apprenez qu’une grande partie de ces textes destinés à ceux qui me font l’honneur de leur lecture sont écrits, non pas sous le coup de l’inspiration (plutôt du coup de sang), mais le plus souvent lors de moments de latence, comme lors de voyages en train qui ponctuent régulièrement semaines et mois. Ainsi il me faut cuisiner quelque chose avec la loterie des états d’âme du moment régulièrement houleux et tourmentés) et un contexte propre au transport en commun (la promiscuité d’une multitude inconnue, son agitation, ses énergies).
    Pardonnez moi donc d’avance si de temps à autre les épices de ce plat ont le goût du souffre
    ou du monoxyde de carbone.
              Le fait est que dans un train, contrairement au principe de la marche, où les paysages évoluent parce que nous mettons en mouvement notre corps, et avec laquelle les idées se développent
    et s’aèrent parce que nous même progressons dans un espace, ici c’est le paysage qui défile et
    bouge pendant que nous restons immobiles. Par rapport à notre environnement : admettons que la
    marche est active en opposition avec notre assise dans un wagon. Dans le premier cas c’est un peu comme si nous faisions rouler la Terre sous nos pieds, dans le deuxième, c’est la Terre qui nous roule
              …Et ses décors se déroulent comme la pellicule d’un film devant nos yeux de spectateurs, invitant certes à la contemplation, mais alors que la marche tendrait à pousser nos idées « vers l’extérieur »,
    l’observation immobile des paysages qui se succèdent inviterait plutôt celles-ci à se développer
    « vers l’intérieur », obligeant, si l’on y est sensible, à une certaine forme d’introspection.

    ***

              Et maintenant dans ce wagon il me revient en tête ce gigantesque cadran numérique, placé au-dessus du musée d’Art et d’Histoire de Genève, qui affiche un décompte avant la fin du monde.
    Une oeuvre d’art : “Big Crunch Clock”. … La fin du monde ? Laquelle… ?
    Ici : celle de l’astre solaire, impliquant la fin du système qui l’accompagne. Il va de soi que les planètes qui s’y trouvent seraient déjà dans un piètre état, dans l’éventualité où elles auraient elles-même survécu jusque là. Drôle de vanité et d’ironie pour l’être humain, que de se “rassurer” d’une certaine manière, et de placer la fin si loin… Et le nombre astronomique du cadran de décroître à une vitesse vertigineusement folle cependant, car paramétré en milliseconde.

              Nous voilà donc lancés dans la course d’un oppressant décompte vers une fin qui ne nous concerne pas. Nions encore une fois les problématiques de notre temps pour se gargariser de celles sur lesquelles nous pouvons bien projeter tout et n’importe quoi : il n’y aura pas de conséquences. La démarche artistique devrait toujours déranger et transgresser. Elle doit interroger. Si ce chronomètre-en-sens-inverse a pour lui de nous rappeler que nous sommes peu de chose, il nous dédouane aussi de toute possibilité
    d’implication dans quelque chose qui se situerait à notre échelle, et serait à notre portée :
    Et avant l’effondrement du soleil sur lui-même, quid de l’effondrement tout court ?
    Si l’on s’est permis de lancer ce Big Crunch Clock sur un départ symbolique à -5 milliards d’années (on n’est pas à 1000 ans près…), il serait drôle (drôle ?) d’imaginer un gros sablier contenant à la louche quelques années de sable en stock, la fin de son écoulement relevant d’un aléatoire “à peu près”.
    Une équa(s)tion d’actualité, à inconnues multiples, emprisonnée dans un symbole vieux comme le temps.

              …Mais le temps d’évoquer ces idées et le cadran affiche un autre chiffre déjà loin :
    et oui, les millièmes de secondes, ça passe vite.
    Alors que le futur lointain où il arrivera à “0” nous détache donc tout un chacun de la supposée fin,
    sa cadence présente n’est pas sans nous rappeler la frénésie de nos existences : la fuite en avant du lapin blanc connecté, toujours en retard, toujours pressé, compressé par une mission absconse qui, si dans le roman de Lewis Carroll était encore et seulement en prise avec la trotteuse de sa montre à gousset,
    est à notre heure à la merci d’une ingénierie régie par des impulsions électriques imperceptibles à l’œil nu, comme sur ce cadran qui contracte les secondes en un millième de celles-ci, et réduit par la même fraction : attention, intention et action…
    Au-delà d’une certaine vitesse de calcul nos cerveaux ne sont plus en mesure d“appréhender”. Ils ne sont plus en mesure de comprendre non plus, ni lors de donner du sens, encore moins d’en trouver.

    ***

    Et voilà que le train arrive en gare et qu’il est temps… … …


  • 28 mars 2024

    :: « L’IMPOSTE » ::

    Une « Lettre de Nouvelles » au format papier

                  Pour pallier aux algorithmes des réseaux sociaux toujours plus aliénants et contraignants, promouvant un peu plus chaque jour le format de la vidéo accélérée (et donc aussi des crises d’épilepsie) aux contenus légers (pseudo-DIY pour néo-éco, arts’n’crafts pour désoeuvrés, chatons dépités pour célibataires en mal d’amour, artistes dénudés bodybuildés pour galeries culturistes, et j’en passe…), je choisis le parti de ne pas me laisser noyer dans cet océan de médiocrité 2.0, et sans pour autant partir en guerre je prends quand même les armes :

                  Je vous propose de recevoir une version PAPIER de l’actuelle lettre de nouvelles numérique, sous la forme d’un petit journal édité à raison de 4 fois par an – sérigraphié, cela va de soi – et sur le principe d’un abonnement à 1€/mois (formule de départ) ►►►

    Voici donc “L’IMPOSTE”.
    “Une imposte est la partie supérieure indépendante fixe ou ouvrante d’une porte ou d’une fenêtre. Elle permet souvent de laisser passer de la lumière.”
    Ce choix de nom vient de cette petite zone vitrée qui couronne la porte de mon atelier.

    L’idée s’est imposée récemment de repenser le contact avec mon réseau sur un mode qui collait à mon éthique : le courrier. Le vrai, et en dur.

    ► Pour contribuer ou souscrire, c’est ICI

    ***

    ► « L’IMPOSTE » ::
    Abonnement sur Tipeee


      – Départ ► 1€/mois

      – Soutien ► 2€/mois

      – Soutien + ► 3€/mois

      – Abonnement + goodies ► 5€/mois

      – Abo. + goodies + 1 sérigraphie/an ► 10€/m.

      – Abo. + goodies + 2 sérigraphies/an ► 20€/m.

    Je vous invite à vous rendre directement sur la plateforme si vous souhaitez en apprendre davantage, pour notamment lire toute la genèse de ce projet, découvrir les détails de sa production, et prendre connaissance en détail des contreparties pour tout abonnement ou souscription.

    ***

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  • 20 février 2024

    :: « ECHO » ::

    Exposition à Bottle Shop bar, Paris (75011) – 6 mars > 4 avril

    Dans un style un peu moins viscéral et intime que d’ordinaire, l’exposition ECHO fera lumière sur des explorations graphiques plus techniques, un travail de fond qui remplit mes fonds, mais qui n’en reste pas moins obsessionnel :
    le motif, affectionné, très souvent et discrètement intégré à mes images.

                  Ce nouveau corpus d’expo est né de l’envie d’archivage (devenu très vite compulsif et méthodique) de l’ensemble de ces gribouilles et graphismes plus ou moins élaborés, depuis l’époque des marges des feuilles de cours d’histoire au lycée au papier millimétré pour le décor de fresques récentes : presque 20 ans de créations ornementales qui n’avaient d’autre but que d’habiller l’ennui ou les espaces laissés trop blancs…

                  « ECHO » : celui du graphisme qui se répète donc, comme sur les tapisseries qui se déroulent ou les tissus qui se déploient… Ici tissus et tapisseries seront “Sérigraphies”. Et comme l’écho est infini – abîme de lui-même – ces motifs sortis de l’ombre pour investir le premier plan viendront en habiller d’autres, sortis cette fois de la benne pour devenir les ombres : Macules et feuilles de passe, éléments que l’on aime à maltraiter deviendront les supports de ces décors qui aimaient se faire oublier.

    ***

    ► « ECHO » – Exposition

    :: Vernissage merc. 6 mars 2024 – 19h ::
    :: Exposition visible du 6 mars au 4 avril ::

    Bottle Shop bar, 5 rue Trousseau, 75011 Paris (FR)

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    Un aperçu arbitraire et non-exhaustif mais en temps réél du contenu de l’expo ?
    C’est par ici :

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  • 15 novembre 2023

    :: « FAUNE INTESTINE » ::

    Exposition à HumuS, librairie-galerie, Lausanne (CH) – 14 déc. > 20 janv.

    À l’ère de la chair, le coeur est à pendre, l’âme est à cran ;
    La faune intestine exsude sa flore intestinale, depuis le derme jusqu’à la plume.
    Exit les fluides par tous les pores, hérisse le poil sur tous les cuirs.

    Instants nus mis à mort, dans l’arène d’instantanés mis à nu :
    Cirque de peaux tannées aux plis et replis contraints,
    Théâtre de papiers teints que les passes et les repasses tapissent.

    Corps battus jusqu’à ce qu’ils soient tendres, carcasses que l’on apprivoise en autopsiant leur fibre,
    Et dont les nerfs servent à tisser la toile.
    Toiles tendues jusqu’à tout rompre, chargées d’humeurs et de sang d’encre.

    [translation]

                  Dans les dedans secrets creusent la vermine et le génie, résident la chute et le sublime.
    L’oeil perçoit cette part de l’ombre, la plume la met à vif, l’encre la cristallise.

    Dans ce nouveau corp[u]s d’exposition, dont le contenu évolue –grandi– l’ancien y trouve sa place –mature– l’inédit s’en fait une –hardi. Les thématiques s’y entérinent, fouillant le corps, du dedans, du dehors, sens dessus dessous ; et projettent au cœur des synapses ces visions que la main a retraduites.

    [De l’extase à l’exégèse]

                  Retraduites dans un premier temps en noir [et blanc], contraste animé par une source de lumière que chaque nouvelle image précise un peu plus, pour mieux définir le volume, pour mieux effacer le contour ; et que la couleur -vive et légion- exacerbe, dans un second temps.

    Ainsi chaque vision prenant d’abord corps sous forme de dessin, de peinture, de photo : d’original, se transforme en estampe : en multiple, par le prisme d’une nouvelle interprétation et au prix d’un nouveau travail.

    Au fil des monstrations, les modes d’expressions se diversifient, ajoutant au dessin premier la création de volumes et sculptures, l’intégration du corps, et à l’impression initiale en sérigraphie, la gravure et le cyanotype.

    ***

    ► « FAUNE INTESTINE » – Exposition

    :: Vernissage jeudi 14 déc. 2023 – 17h30 ::
    :: Exposition visible du 14 déc. au 20 janv. ::

    HumuS, Rue des Terreaux 18 bis, 1003 Lausanne, Suisse

    ***

    Pour un aperçu échantillonné des productions qui seront présentées lors de l’exposition, et des avancées sur celles-ci, vous êtes invités à suivre mon actualité sur les réseaux sociaux (liens ci-dessous). Le site sera mis à jour au fur et à mesure d’ici décembre.

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  • 1er juin 2023

    :: VIOLET SONGE ::

    Édition de l’ouvrage collectif #7 – EpOx et BoTOx ed.

                  Doux comme un cauchemar, le violent Violet Songe vole les rêves et voile la vue des impies !!!
    Couleur ésotérique, thème mystique : Violet Songe est un grimoire insolite renfermant moult formules magiques enluminées…
    …Enchantements pour les lecteurs avides, Mauvais Sorts pour les autres :
    Trick or Treat !
    Les adeptes et les curieux seront bénis ; ouvrez la boîte de Pandore… :



                  La collection Spectrôm qu’ouvrait en 2017 le volume Rouge Bruit est un projet au long cours qui a rythmé les publications d’EpOx et BoTOx pendant 7 ans. Violet Songe -chapitre qui clôt l’anthologie- ne pouvait pas arriver au meilleur moment : fin d’une “première partie” pour la maison d’édition E&B [dont je mets en pause la production (mais pas la diffusion) afin de laisser libre cours à mes pulsions artistiques] qui se retrouve être aussi le “projet d’ouverture” du nouvel atelier en Auvergne.

                  Cette collection d’ouvrages collectifs était destinée depuis le début à laisser place aux amis-dessinateurs, aux heureuses découvertes graphiques, aux rencontres artistiques de l’année écoulée, me contentant d’habiller les intérieurs de couverture de chaque numéro de cette forme graphique devenue récurrente dans mes travaux : le MOTIF.

                  C’est très symboliquement que je me suis résolue cette année, pour le volume final, à illustrer la couverture : une dernière contribution graphique -jusqu’à reprise de l’activité- à cette maison d’édition qui, comme toute bonne progéniture, a plus souvent mené la barque que je ne l’ai mené en bateau : me retrouvant tantôt son pantin, tantôt dans des états secondsViolet Songe appelait donc cette illustration :

    ► L’ouvrage « Violet Songe » est disponible en ligne
    sur la boutique des éditions EpOx et BoTOx


    Livre entièrement sérigraphié, 36 pages, 15x20cm
    Dos carré cousu collé – reliure faite main
    Pages intérieures PopSet ivoire 170gr
    Couverture Fedrigoni Sirio Vino 290gr
    Impressions en bichromie – 200 copies numérotées


    ► VIOLET SONGE – Sortie Officielle / Book Release
    :: Lancement – Jeudi 15 juin 2023 – 17h/20h ::
    :: Expo éclair du 15 au 18 juin inclus ::

    Sterput, rue de Laeken, 122, 1000 Bruxelles (BE)

    ► Lire l’article sur EpOxetBoTOx.com


  • 15 avril 2023

    :: Résidence artistique 2023 ::

    Lycée Albert Londres – Vichy – 20 février / 31 mars 2023

    Ci-gît le compte rendu de ma toute récente résidence d’une durée de six semaines, qui s’est tenue au Lycée Albert Londres à Cusset, à l’entrée de Vichy. J’interviens dans cet établissement depuis 5 ans aux côtés de professeur d’Arts Plastique sur le temps d’une journée, et l’opportunité d’un temps d’étude bien plus long pour mes travaux personnels s’est ouverte cette année.

                  J’arrivais donc le 20 février, les mains saccagées par l’âpreté des cartons de mon récent déménagement, le ciment, les enduits et autres après variés dont regorge une maison à retaper du début du XX° siècle, le froid de l’Auvergne et l’eau glacée ; j’en suis repartie cette même peau creusée par les colles, les résines, les peintures, le papier mâché et le plâtre.
    Entre les deux : une série de chantiers graphiques et plastiques lancés de front, élaborés face à la baie vitrée d’une chambre au 3ème étage d’un internat, ouvrant la vue sur les bâtiments aux allures d’usine du complexe écolier. Et derrière eux, la forêt. Cet ensemble chapeauté d’un indévissable casque gris-blanc -parure immanente à l’Auvergne du nord- vaguement modulé au fil des heures qui passent.

                  …Et elles sont passées vite. Fermement décidée à me tenir à un planning de travail rigoureux, j’ai mis à profit autant que faire se peut (dans la mesure où il m’a fallu malgré moi m’occuper à certains moments des impondérables de la vie en général), et jusqu’à la dernière goutte, chaque instant de cet résidence à l’avancée d’un projet de fond -disons viscéral- qui me taraude depuis des années, et que l’ensemble de mes (autres) occupations ne me laissent aborder que sporadiquement, à peine plus plus intensément à l’occasion d’expositions.



    « CÉPHALÉE » : sculpture module « enfilable », hauteur 80cm, papier mâché et techniques mixtes
    Entre cosplay de fête foraine et parodie de seconde peau, l’ego se déguise.


    – Historique –

                  Ce projet [d’une vie ?] (plus j’y passe du temps, plus je réalise son étendue) développe l’univers dans lequel évoluent ces personnages polyophtalmiques qui hantent mes productions, et regroupe à peu près l’intégralité de ces dessins et mises en scène déjà réalisé-e-s (les premiers datent de 2016) jusqu’ici de façon quelque peu anarchique.
    Ces pièces, traductions en image de prises de note fugaces, de croquis sur le vif, d’ébauches de textes, de descriptions de rêves ou de visions écrites à la hâte pour rester le plus fidèle au résidu de persistence mémorielle, ont révélé un fil conducteur -au tout début superficiel- entre chacune, une première fois en 2018 : alors que je rassemblais justement ces notes (bouts de papiers bâtards, chutes déchirées ou encore post-it) dans le cadre d’une exposition.
                  Réalisant que toutes ces productions décelaient des thématiques communes, des sujets obsessifs, une expression répétée de névroses, je me suis mise à passer au tamis l’intégralité de mes archives graphiques et textuelles pour retrouver l’ensemble exhaustif de ces notes, dont les premières remontent à 2013.

                  Il m’aura fallu 3 ans pour trouver le temps de compiler selon un classement très précis, presque maladif *et répondant à ma seule logique* cette documentation, et créer ainsi une forme de CODEX, devenu une base de travail depuis 2021.
    L’ensemble du projet, avec le Codex, a été baptisé Cafard Exquis. Il regroupe ainsi une collection de travaux en instance, de fenêtres à ouvrir graphiquement, ou plastiquement, sur des flashs, des souvenirs, des émotions, des impressions, des traumas -d’événements passés ou projetés- et de scènes à mettre en lumière après avoir fait passer le faisceau de photons à travers le prisme de la métaphore et du symbole, afin que le témoignage particulier devienne l’expérience générale.


    « GUTTURAL » : linogravure, format A5 – étapes –
    « Tout corps exposé à uns substance acide se disloque. »


    « LE 6ÈME OEIL » : dessin format A3 – sorte de tryptique vertical évolutif…


    – Temporalité –

                  Consciente que six semaines n’allaient pas venir à bout de cette entreprise, j’avais au préalable divisé Cafard Exquis en quatre parties (quatre « tomes ») rassemblant chacun environ quatre chapitres des multiples qui composent l’anthologie. Chaque chapitre composé lui-même de quatre à cinq scènes graphiques et … de volumes. (Comprenez modules ou sculptures).
    Cette résidence était donc également l’occasion bienvenue (rêvée !) de développer l’envie -qui n’en était encore qu’à cette étape- de productions de « sculptures » : sortes de mannequins, mais pas que, qui donneraient forme réelle aux personnages et sujets hantant ces scènes, et renforceraient l’esprit de l’univers déployé par une véritable présence dans l’espace des êtres qui l’habitent sur le plan.

                  Six courtes semaines – même optimisées comme rarement – ont réussi à extraire des nues : (mais restent encore toutes en cours de création)
    – deux pièces en volume « Céphalée » et « Dérodyme »,
    – trois illustrations au format carré : « Prémonition », A3 : « Le 6ème Oeil » et A2 : « Triple Gêne »,
    – deux linogravures format A5 « Guttural » et « Errance »,
    ainsi que certains des textes qui les accompagnent, et les croquis des autres scènes qui composent ce premier chapitre.
    Ce premier chapitre a pour titre EXCORPORATION, et comptera en tout une douzaine de scènes (illustrations) – cinq ayant déjà été réalisées par le passé – et trois pièces en volume.



    « TRIPLE GÊNE » : dessin format A2, qui ondule et dégouline. – détails –


    – Issue In Situ –

                  Pour la première fois, j’avais la possibilité d’une apnée de longue durée pour plonger et suivre la corde-main-courante qui sinue descendante dans les anfractuosités d’une réflexion arborescente autour d’une thématique construite et homogène.
    Ainsi concentrée sur un seul sujet d’étude pendant un temps suffisamment long, le corps et l’esprit, une fois accoutumés à leur nouveau milieu, ne sont plus sensibles à leur environnement et s’effacent au bénéfice d’un nouvel état, à la manière des expériences d’Edward Jessup (cf. Altered States – Ken Russel).
    C’est dans le flottement de cet état altéré, mais aussi dans les vapeurs olfactives de colles, de vernis, d’os disqués et de café que je me suis retrouvée projetée, afin de poser les premières vraies structures de Cafard Exquis et plus particulièrement son premier volet Excorporation.


    « DÉRODYME » : sculpture, hauteur 80cm, techniques mixtes et bâtardes
    – sculpture bicéphale au long cours, les deux têtes séparées et à l’état brut attendaient leur union depuis 2017 –


    « PRÉMONITIONS » : dessin 35x35cm – le volant moteur.