29 juin 2026

:: Après une longue absence… ::

Quelque chose comme douze mois (je n’ose pas vérifier) séparent ma dernière missive virtuelle de celle d’aujourd’hui.
Un instant, qui a pris les proportions d’un monde.
L’instant qu’il faut pour que le flot de souvenirs dont regorge une révolution terrestre envahisse la mémoire à la vitesse de la lumière.
Le monde que quatre saisons ont vu s’arrêter, osciller, se distordre dangereusement dans le déchaînement de l’espace-temps, jusqu’à retrouver brusquement un nouvel axe d’équilibre et reprendre son impassible rotation.
Cependant, l’horizon a changé et les pôles ont muté.

Le Grand Internet perd la boussole, ou bien est-ce nous, qui tournons comme des girouettes ?
Où sont ses frontières ? Sommes-nous encore d’os et de chair ? Ou bien des carcasses mortelles enveloppant des bases de données ?
Suis-je déjà dépassée ?! Devenue trop lente pour cette nouveauté trop rapide,
je n’arriverais plus à m’adapter ? Obsolète. Avec en fond d’écran mental le paysage stérile d’un futur déjà périmé.

Douze mois où tout semble s’être renversé, à défaut d’être tombé. En macérant des idées d’inéluctable fin, se sont ouvertes des brèches pour de possibles fuites.
En leur creux se dessinent les contours d’une altérité, et des chemins de quêtes transfigurées :

L’Imposte* avait été une valeureuse proposition mais, gourmande en temps, trop modeste en ricochets, elle réduisait à l’échantillon l’ensemble des lecteurs qui étaient déjà de l’ordre de la niche.

• Sont aussi nés durant cette période les éditions LA MAIN QUI CALE, qui, en absorbant le legs d’EpOx et BoTOx, mûrit ses aspirations et retrace ses contours.

• Ont définitivement été laissés à l’abandon (ou tout comme) les publications et leur démultiplication sur les plateformes virtuelles dites “sociales”, que l’être-humain qui les alimentait, et s’en gavait en retour, a fini par régurgiter, comme finalement écœuré après une ripaille trop sophistiquée, trop copieuse et trop grasse, n’aspirant plus qu’à l’ascèse alimentaire et aux mets minimalistes.

• Des visions en cascade de dessins inédits et de projets sérigraphiques, quand tragiquement le temps s’est contracté, léguant aux calendriers des 12 prochains siècles des journées chargées.

• Enfin, le vague songe de la reprise d’un parcours universitaire – que la récurrence finissait par rendre abstrait – s’est tout à coup matérialisé, comme un saut en parachute après avoir longtemps contemplé de haut l’attirante terre ferme. Et j’aurai le plaisir de joindre à la pratique artistique l’étude de la philosophie dès septembre 2026.

Après tous ces tremblements, restent le besoin de créer, toujours – d’écrire, plus – et de se montrer, moins.
Les fenêtres virtuelles avec vue sur mes travaux artistiques et les nouveautés éditoriales seront les sites internet respectifs audecarbone.com et lamainquicale.fr
 qui
profiteront de cette ré(v/s)olution pour s’étoffer (et se mettre à jour) ; les comptes épars ouverts sur les réseaux sociaux seront peu à peu clôturés (l’info passera sur les comptes concernés).

Enfin, cette lettre de nouvelle, échange épistolaire 2.0 que la nostalgie de l’authentique courrier ne peut me faire totalement abandonner, semble devoir reprendre du service [en laissant de côté sa régularité métronomique] et me permettre de laisser libre cours ici à un lyrisme toujours plus volubile…


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